100 TRUCS ET ASTUCES pour le Home Studio

Fruit d’un creusage de cervelles collectif, d’un intense remue-méninges, voici pour vous servir, une brouette de trucs et astuces, de ruses et ficelles en tout genre dont devrait raffoler votre home studio… A vous de jouer !

Dans l'ordre alphabétique, ont participé à cette croisade « on line » Dominique Blanc-Francard, Christian Braut, Franck Ernould, Alain Etchart, William Flageollet, Mark Haliday, Pierre Jacquot et Gisèle R. Clark.

* Pour qu'un compresseur ou un noise-gate « découpe » vos nappes en rythme, déclenchez-le via son entrée latérale, en acheminant à cette dernière un élément de batterie tel qu'un charley. Vos « tenues » revêtiront ainsi un petit air de séquences…

* Sur un multipiste analogique, voici l'art et la manière d'obtenir une réverb qui précède le son : retournez la bande, dirigez la piste lue à l’envers vers la réverb, enregistrez l'effet sur une autre piste, remettez la bande à l'endroit. Attention : en la retournant, par exemple sur un 24 pistes, la 1 devient la 24, la 2 devient la 23, etc. L'effet est idéal sur une caisse claire, mais aussi sur une voix, avec une réverb assez courte.

* Même recette, accommodée à la sauce Cubase VST. Appliquez la fonction Reverse à une <« part » pour simuler le fait de retourner la bande. Enregistrez une réverb sur une autre « part », soit en interne - fader de la piste correspondante à zéro, réverb en mode « pre-fader », niveau d'envoi au maximum avant saturation, fonction Mix Audio -, soit à l'aide d'un processeur externe. Pour finir, « retournez à nouveau la bande » en appliquant à cette « part » et à celle d'origine la fonction Reverse…

* Classique mais efficace : passer une caisse-claire dans un délai, réglé par exemple à la croche ou à la noire, lui-même acheminé vers une réverb.

* L’écho à bandes est caractérisé par les « défauts » du magnétophone, soit une réponse en fréquence limitée, voire une vitesse de lecture légèrement fluctuante. Simulez-les par l’insertion d’un filtre passe-bas (4 - 8 kHz) en sortie de votre délai numérique, parcimonieusement modulé par un LFO réglé en position « escargot ». Succès garanti.

* Afin d'éviter qu'une réverb « gate » ne vienne alourdir une caisse claire ou autre élément rythmique, réglez son temps de « tenue » (hold) en fonction du tempo, c'est-à-dire sur une valeur équivalente à une noire, à une croche, à une double, à une triple, etc. Un conseil transposable aux prédélais.

* Au lieu de faire revenir vos réverbs, échos et autres processeurs, sur un retour prévu… à cet effet, pourquoi ne pas les raccorder à des tranches de console normales ? Vous pourrez ainsi les égaliser, ajuster leur volume à l'aide de vrais faders ou les envoyer à leur tour vers d'autres effets.

* Souvent, une simple baisse de volume suffit à ce qu'un code SMPTE enregistré sur bande fasse décrocher le synchroniseur. Qu'à cela ne tienne : compressez ce code à un taux assez élevé, avec une attaque et un release rapides. D'amoindrir ainsi les différences de niveau vous tirera bien souvent d'affaire.

* Transformer en déesseur un compresseur équipé d'une entrée latérale est enfantin. On dirigera vers cette entrée un « double » du signal à déesser, en augmentant par le biais d'un égaliseur le gain des fréquences indésirables, situées entre 4 et 10 kHz. Même punition pour éliminer les pops, aux environs des 50 Hz.

* Pour imitez Kate Bush, mesdames, compressez votre voix à l'excès pendant la prise. Ecrasement assuré ! Rajoutez un noise-gate léger, afin qu'il coupe les réflexions de la pièce de façon abrupte. Enfin, prenez garde à ce que le casque soit bien fermé, faute d'être repris par le micro.

* En enregistrant deux fois la même partie de guitare, puis en « panoramiquant » droite/gauche ces deux prises, vous obtiendrez un son d'une épaisseur inégalée. Une autre solution, artificielle cette fois, consiste à « panoramiquer » un enregistrement d'un côté, à lui appliquer un délai de 10/35 millisecondes, éventuellement en le modulant un soupçon, pour positionner cet effet à l’autre extrémité de l’espace stéréo.

* En coupant tout ou presque au-dessus de 4 kHz, en-dessous de 200 Hz, et en remontant les fréquences situées dans les 1 kHz, quelle ne sera pas votre joie de vous retrouver avec un magnifique son de type « téléphone ».

* Réglez le varispeed de votre magnétophone pour qu'il ralentisse très légèrement, enregistrez votre voix, remettez le varispeed à zéro. Effet produit ? Dans le plus pur style Scritti Politi !

* Votre console manque de tranches ? Si certains des retours effets sont libres, pourquoi ne pas y raccorder des synthés ou autres machines? Revers de la médaille : on ne pourra généralement pas les égaliser, ni les envoyer vers des départs auxiliaires…

* Sur un plan spectral, pour qu'une voix respire et trouve sa place, on construira l'arrangement autour d'une prise de chant témoin (une véritable partie de plaisir sur un séquenceur audio + MIDI). En plus d'éviter les « conflits de fréquences », cela facilitera 1'écriture d'une orchestration qui habille sur mesure la mélodie.

* Osé mais original, pour qui possède un magnétophone à deux vitesses (76/38, 38/19, 19/9.5…) : doubler un instrument, par exemple une guitare, en l'enregistrant une première fois à vitesse rapide, puis une seconde à vitesse lente. En faisant de nouveau tourner le multipiste à vitesse rapide, on gagne une harmonisation à l'octave du plus bel effet.

* En l'absence d'analyseur de spectre, il existe un moyen de vérifier qu'un mixage est équilibré. Recette : numérisez-en un passage à l'aide d'un échantillonneur, d'un Direct to Disk…, puis importez-le à partir d'un logiciel capable d'opérer une transformée de Fourier et d'afficher le résultat en trois dimensions. Vous vous rendrez ainsi graphiquement compte des carences et excès « spectraux » !

* De nombreux compositeurs travaillent aujourd’hui pour le CD-ROM, domaine où l'on échantillonne généralement à 22.05 kHz. Même conseil qu'en musique à l'image : travailler dans les conditions de diffusion, c'est-à-dire avec des écoutes multimédia et un filtre passe-bas le plus raide possible en sortie de console, réglé sur 10 kHz.

* Subjuguez vos voisins de palier en créant des échantillons de grosse caisse à partir d'une enceinte. Pour ce faire, enregistrez le doux bruit de vos doigts tapotant un woofer… plutôt celui d'une Quested que d'une Auratone, d'ailleurs !

* Pour qu'une musique satisfasse notre oreille, une loi stipule que le produit de la fréquence la plus haute par la plus basse doit donner 40 000. En admettant ainsi que le son le plus grave descende à 40 Hz, le plus aigu devra atteindre les 10 kHz. Quelle étrange coïncidence : la bande passante de l'oreille humaine s'échelonne justement de 20 à 20 000 Hz…

* Nous percevons moins bien les graves et les aigus lorsqu'ils sont faibles, et mieux lorsqu'ils sont forts. En travaillant « plein pot », on risque donc de ne pas en mettre assez, de se retrouver avec des mixages qui paraîtront aléatoires, fades et sourds à un niveau « normal ». D'où la maxime suivante : « pour mixer équilibré, à +/- 90 dB SPL, restez ! ».

* Positionner aux extrêmes, tout à gauche ou tout à droite, des sources ponctuelles n'ayant aucune relation de phase avec les autres ou entre elles (instruments pris avec des boîtes de direct, micros collés contre un ampli, etc.) peut s'avérer fort désagréable au casque. Pour que cette gêne disparaisse, on recentrera très légèrement ces sources.

* Basique mais indispensable : pour réduire le bruit de fond de votre console, veillez à ce que tous les faders et autres départs auxiliaires inutilisés soient à zéro.

* Au mixage, pour plus d'homogénéité et de « crédibilité acoustique », on conseille de s'en tenir à un seul algorithme de réverbération. Cela n'exclut pas d'utiliser plusieurs programmes basés sur cet algorithme, afin de disposer de durées différentes (courte sur un pied de grosse caisse, longue sur une voix…).

* Certains ingénieurs enregistrent simultanément leur mixage sur un support stéréo et sur deux des pistes du multipiste. Avantage du procédé : pouvoir atténuer ou retirer un instrument du mixage après coup, en montant la tranche correspondante dont on aura préalablement inversé la phase.

* Besoin d'enregistrer une source en la faisant passer par un exciter et un noise-gate ? Mettez donc ce dernier… en premier ? Vous éviterez que votre exciter n'embellisse le bruit de fond !

* L'amateur de vieux synthétiseurs analogiques dont les sons se sauvegardent sur cassettes aura tout intérêt, en lieu et place de ce piètre support, à utiliser un échantillonneur ou un Direct to Disk. Fiabilité accrue et « backup » facilité sont au rendez-vous.

* Sur un magnétophone à deux vitesses (38/76, 19/38, 9.5/19…), faire tourner à vitesse lente un son enregistré à vitesse rapide permet de l'échantillonner avec une précision deux fois supérieure. Cela revient à doubler la fréquence de sampling, sachant qu'il faudra transposer cet échantillon d'une octave vers l'aigu pour l'entendre à sa hauteur d'origine.

* Avec tous les outils graphiques qu'offrent les séquenceurs d'aujourd'hui pour éditer les contrôleurs continus, pourquoi ne pas se constituer des « gabarits » de fade-in, de fade- out (sur un canal ou sur tous les canaux, pour les fins de morceaux), voire d'auto-pan ? On les stockera dans un seul et même « song » au sein duquel on piochera suivant ses besoins.

* Vos cuivres synthétiques ou échantillonnés manquent de corps ? Doublez-les à l'octave en leur infligeant un léger désaccord.

* Certaines pistes de votre magnétophone hébergent alternativement deux instruments différents, par exemple un kazoo sur les couplets et une guimbarde sur les refrains ? Pour ne pas devoir changer à la hâte trente-six réglages sur une même voie (niveau, égalisation, départs effets), ceci à chaque transition couplet/refrain ou refrain/couplet, ramenez la piste en question sur deux tranches et réglez-les à votre goût. Mutez l'une pendant les couplets et l'autre pendant les refrains : le tour est joué !

* Vous souhaitez faire défiler les cent vingt-huit sons de votre banque de basses pour choisir le plus adapté à votre séquence ? Afin d'automatiser cette procédure, extrayez par exemple une mesure de votre piste de basse pour la recopier cent vingt-huit fois de suite, puis créez une autre piste sur le même canal, constituée d'autant de program changes à raison d'un par mesure (le zéro sur la mesure un, le un sur la mesure deux…). Lancez, écoutez, sélectionnez…

* Pour que deux instruments jouant la même partie soient parfaitement « synchrones » lors des attaques, appliquez donc un noise-gate au plus « devant », et déclenchez-le en acheminant l'autre instrument à son entrée latérale. Vous conférerez ainsi plus de « punch » à l'ensemble.

* Le délai MIDI, que l'on générera grâce à une fonction logicielle réservée à cet effet à condition que votre séquenceur en dispose - c'est par exemple le cas de Cubase - , ou en copiant la piste à traiter pour la retarder de la durée désirée et éventuellement en atténuer la vélocité, présente sur son homologue audio un avantage indéniable : celui d'offrir la possibilité, pour l'écho, de choisir un son différent de celui à traiter. Vaste terrain d'expérimentation…

* Recette pour imiter au séquenceur des arpèges de guitare acoustique. Primo : se référer à un livre d'accords pour jouer les mêmes notes qu'un guitariste. Secundo : programmer la séquence à raison d'une piste par corde, en prenant soin de jouer « legato ». Effectivement, sur une guitare, les cordes résonnent jusqu'à ce qu'on les pince à nouveau. Crédibilité assurée !

* En compressant la réverb appliquée à une voix, pour déclencher le traitement en acheminant cette voix à l'entrée latérale du compresseur réglé sur une attaque et un release plutôt lents, vous hériterez d'une réverb qui remonte à chaque fin de phrase, comme par enchantement. Une variante du procédé consiste à remplacer la réverb par une prise
d’« ambiance » enregistrée simultanément à la voix.

* Pour qu'une séquence mérite le label techno, commencez par prendre une texture synthétique qui use et abuse du filtre résonant, puis modulez sa fréquence de coupure et/ou sa résonance en y assignant un message MIDI (control change, aftertouch…) dont vous programmerez l'évolution en traçant sur votre séquenceur des variations assez lentes.

* Sur certains synthétiseurs, il s'écoule quelques millisecondes, voire dizaines de millisecondes, entre la réception d'un message de note et la production d'un son. Pour établir un diagnostic, lancez votre séquenceur, assignez une piste de rimshot ou de charley à chacune de vos machines et écoutez. Traitez la maladie en avançant les pistes des synthétiseurs retardataires jusqu'à ce que tout le monde soit d'équerre.

* Toujours enregistrer le « time code » au moins trente secondes avant le début des programmes à synchroniser. Par ailleurs, on ne le répétera jamais assez : lors de son enregistrement sur bande, veillez à ce qu'il soit aussi pur que possible. Pas d'égalisation, pas de réduction de bruit, pas de sauce Worcestershire sur les têtes. Rien !

* On ne le répétera jamais assez (bis) : prémunissez ce code contre tout risque de diaphonie. Comment ? D'une part en l'enregistrant sur une piste extrême (la un ou la huit sur un magnétophone huit pistes), de l'autre en laissant une piste de libre entre la sienne et celles enregistrées (les pistes deux ou sept, dans notre exemple), ou à défaut, en évitant d'y coucher des signaux à forts transitoires d’attaque.

* Devenez « sound designer » de la façon suivante : sur votre échantillonneur, « stretchez » un son au maximum (généralement 200 %), par exemple une voix. Après cela, déplacez une courte boucle de seulement quelques périodes tout au long de ce son. Quelle ne sera pas votre surprise de découvrir d'incroyables formes d'ondes.

* Pour qu'une voix noyée dans la réverb reste présente et se distingue de l'effet, que le cerveau ne soit pas tenté d'amalgamer ces deux signaux, on programmera un prédélai d'environ cinquante millisecondes. De ce fait, le traitement gagnera en clarté.

* Comment satisfaire un chanteur qui ne souhaite pas chanter au casque, sachant qu'un retour « enceintes » a pour inconvénient d'être capté par le micro ? Placer de part et d'autre de votre ténor, à égale distance, deux monitors hors phase dans lesquels on enverra un playback mono. Une annulation par soustraction relativement efficace !

* Face au problème évoqué ci-avant, Christophe, sur son dernier album, a opté pour une solution originale : utiliser une chaise spécifique, équipée de haut-parleurs qui, situés au niveau des oreilles, renvoient le son vers l'arrière et non vers le micro.

* Chanter très près du micro apporte une « présence » qui, aussi séduisante soit-elle sur certaines voix, s'accompagne quasi systématiquement d'un excès de graves. Un phénomène que l'on compensera, soit en enclenchant le filtre passe-haut du microphone en question, soit, s'il n'en dispose pas, celui de la console.

* Réaliser une automation de mixage MIDI avec un séquenceur « hard » et sans interface aucune (boîte de faders , etc.) ? C'est ce à quoi vous parviendrez grâce à la pédale de volume de votre clavier maître, en enregistrant pour chaque instrument les variations de niveau désirées sur une piste assignée au même canal.

* Pour envoyer un signal d'environ + 4 dB dans une console dont les entrées 1ignes n'encaissent pas plus
- 10 dB, passez donc par la prise d'insertion, généralement moins sensible. Inconvénient du procédé : des insertions de type « post-eq » vous priveront d'égaliseur.

* Faire saturer modérément les entrées de sa console sur des sons de batterie, des boucles ou des « pêches » d'orchestre par exemple, transformera un son anémique en « machine à groove ». Si cette saturation est obtenue avec un préampli à lampes, vous gagnez un bonus…

* Grand adepte de la danse de Saint-Guy, votre chanteur ne tient pas en place devant son micro ? Recette « showbiz » vieille époque : placez-en un second derrière sa tête, non branché bien sûr, sous prétexte de « prendre le son d'ambiance ». Radical !

* De même, face à un chanteur irrésistiblement « attiré » par le micro au point de générer des effets de proximité gênants, on en installera deux pour faire diversion. Non branché, celui du bas, le plus proche du chanteur, attirera son attention, tandis que celui du haut, éventuellement perché, remplira son office en toute quiétude…

* Espionner les secrets des mixages des autres ? C'est ce que nous vous incitons à faire en branchant un lecteur de disques compacts sur deux voies de la console. En inversant la phase d'une des deux tranches, réverbs et effets de vos albums préférés ressortiront de façon surprenante.

* Les entrées de consoles sont en général à basse impédance, ce qui explique, pour les guitares et surtout pour les basses, que l'on utilise une boîte de direct. Alternative possible : se servir d'un processeur de bonne qualité (distorsion, chorus ou autre), dont l'impédance reste élevée même en coupant l’effet.

* Insérer un chorus dosé avec parcimonie à l'entrée d'une « petite » réverb numérique en réchauffera le son…

* Bricolez-vous un son Surround bon marché en branchant un troisième haut-parleur entre les bornes « + » des canaux gauche et droit. Attention aux impédances et au connexions pour ne pas faire sauter l'ampli !

* Votre convertisseur SMPTE/MIDI est-il « mathématiquement correct » ? Dans 1'affirmative, le nombre de mesures à quatre temps écoulées au bout de quatre minutes (c'est-à-dire arrivé à l'heure 00.04.00.00) doit égaler le chiffre du tempo. Ce n'est par exemple presque jamais le cas du vénérable Roland SBX-80, d'où des problèmes de compatibilité…

* Pour conférer un son « rock analogique » à une prise de caisse claire, sur un magnétophone numérique, faites saturer en douceur le signal d'un micro dynamique avec un préampli à lampes, et mélangez-le avec le son « droit » d'un micro électrostatique classique.

* Deux réverbs pour le prix d'une ? Elémentaire, à condition qu’elle dispose de deux entrées, et de brancher un auxiliaire de console sur la première, puis un autre sur la seconde, après passage par un délai. Résultat : une réverb avec et sans prédélai suivant 1'auxiliaire utilisé.

* Sous l'oeil désapprobateur des puristes, improvisez une sortie basse impédance + 4 dB sur un DAT ou autre platine cassettes de salon, en mettant à contribution la sortie casque, dont l'impédance et le niveau élevé sont parfaitement adaptés à cette application. Pour le même prix, vous bénéficiez d'un gain réglable !

* Outre les innombrables recettes basées sur l'harmonie et la compression, il existe un moyen fort efficace pour renforcer l'impact d'un refrain : augmenter son tempo d'un « point » ou deux par rapport à celui des couplets. L'essayer c'est l'adopter !

* De la réverb sur une grosse caisse ? Pourquoi pas ? Mais attention à ne pas empâter le spectre ! Par prudence, coupez l'effet en-dessous de 80 Hz à l’aide d’un filtre passe-haut.

* Vous possédez deux réverbs ? Parfait. Réglez-en une sur un algorithme de type gate, pour traiter l'ensemble d'un kit de batterie. Réglez l'autre sur une réverb longue et normale, pour ne la déclencher que sur les breaks ou autres roulements, ceci en insérant un noise-gate en amont tout en dirigeant le signal à traiter vers son entrée latérale.

* Vous possédez deux réverbs (bis) ? Parfait (bis). Réglez-les sur deux durées différentes, traitez la caisse claire des deuxièmes temps avec la courte, et celle des quatrièmes temps avec la longue. Quel swing !

* Des « charleys » techno ? Un rien de chorus ou de flanger feront illusion. Des charleys à la Stewart Copeland ? Délai à la croche sur la droite, délai au triolet de croche sur la gauche, et dosage du feedback à l'oreille…

* Si votre générateur de son le permet, amusez-vous, sur certains des éléments d'un kit de batterie, à assigner la vélocité à la hauteur. Ainsi, plus vous frapperez vite les touches, plus vos toms, votre pied, votre caisse claire… deviendront aigus. A tester également, toujours sur la hauteur : l'aftertouch, en particulier sur les toms.

* En chargeant pour la première fois un son dans un échantillonneur, surtout s'il est percussif, assurez-vous qu'il ne subsiste pas la moindre milliseconde de silence en son début. Sinon, tronquez sans pitié ce blanc récalcitrant, avec hargne et détermination.

* Pour grossir une réverb, placez un délai en amont en ajustant sa durée de façon à ce qu'on ne distingue pas de répétitions (soit un peu en-dessous de trente millisecondes, a priori). Modulez ce délai relativement lentement et ne lésinez pas sur le feedback.

* Après avoir programmé une séquence de batterie, à raison d'une piste par élément, amusez-vous à avancer ou à reculer de quelques « tics » certaines d'entre elles - la piste de caisse claire, celle des charleys… Vous découvrirez ainsi des grooves insoupçonnés : esprit rhythm & blues en retardant un rien la caisse claire, plus rock'n roll en l'avançant, etc. Idem avec une vraie batterie, à condition d'être à la tête d'un élevage de délais.

* L’affichage du tempo d’un séquenceur n’étant pas toujours d'une extrême précision, ni d'ailleurs celui d'un délai numérique, ne réglez pas les yeux fermés un écho de 500 millisecondes à un tempo de 120, par exemple, persuadé qu'il correspond à une noire. Programmez plutôt une séquence avec un instrument style rimshot, disons toutes les deux mesures, ajustez le feedback de votre délai sur une valeur élevée et affinez la durée de l'effet jusqu'à ce que la huitième répétition tombe pile avec le rimshot suivant…

* Il est hélas fréquent que la voix revenant dans le casque d'un chanteur soit en opposition de phase avec ce qui sort de son larynx. Symptôme classique : plus le chanteur chante fort, moins il s'entend ! Remède classique : enclencher 1'inverseur de phase…

* Panacée pour les consoles dépourvues d'inverseur de phase : se tricoter un câble XLR femelle/XLR mâle en croisant le câblage des broches 2 et 3. Le même principe est applicable aux entrées/sorties symétriques au format jack, avec des connecteurs stéréo bien sûr.

* Insérer un égaliseur au niveau de la boucle de feedback d'un délai, que ce soit en interne (les algorithmes de certains processeurs numériques offrent cette possibilité) ou en externe (de rares effets sont équipés de prises d'insertion) permet d'obtenir des répétitions en plus sourdes, simulant un écho naturel, ou au contraire de plus en plus brillantes…

* Certains séquenceurs sont pourvus de « processeurs MIDI » destinés à transformer en temps réel les messages reçus (Input Transform chez Cubase, etc.). Application possible : faire d'une pédale de sustain on/off une note on/off pour jouer de la grosse caisse avec le pied…

* Question : qu'est-ce qui donne ce grain très particulier aux choeurs de « Breathe », dans « Dark side of the moon » ? Réponse : deux micros en opposition de phase savamment placés au même endroit par un certain Alan Parsons, et mixés ensemble.

* Certains chanteurs ont le « P » discret, d'autres non. Pour faire un filtre anti « P » à moindre frais, utiliez un cintre métallique de teinturier et un collant. Montez votre structure de manière à composer deux cadres, comme deux petites raquettes de ping-pong que vous superposerez en laissant environ un centimètre d'espace entre les deux. Le
« P » se dissipera entre les mailles du collant et se perdra dans l'atmosphère. Contrairement à son homonyme en trois lettres, le « P » acoustique est sans odeur.

* Un délai réglé sur 20/30 millisecondes, avec un feedback élevé, simulera la réverbération plutôt dure d'une petite pièce aux parois très réfléchissantes.

* Pour donner l'impression que le son s'éloigne, ou le faire reculer progressivement dans un mix, réglez le départ réverb en position « pre » et refaites l'équilibre. Baisser le fader augmentera la proportion son réverbéré/son direct, tandis qu'enlever parallèlement des aigus aux alentours de la zone de présence (3 ou 4 kHz) simulera l'éloignement…

* Bon nombre de ronflettes proviennent du fait que les masses d'appareils équipés de prises trois broches communiquent entre elles par le rail de masse du bloc multiprise, qu'icelui soit ou non relié à la terre de l'installation électrique. Solution (à vos risques et périls…) : supprimer le rail de masse du bloc. En cas d'électrocution, composez le 18.

* Pour lever la masse d'un seul périphérique muni d’une prise trois broches (toujours à vos risques et périls), branchez-le au travers d'un de ces adaptateurs en forme d'entonnoir, théoriquement dédiés aux prises américaines, en arrachant la languette censée empêcher la connexion d'une prise française.

* Quoi de plus divertissant, pour qui dispose d’une source constante de bruit rose (synthé ou appareil de mesure), que de fabriquer des percussions synthétiques ou colorer des sons existants ? Comment ? En passant le bruit en question dans un noise-gate déclenché par un son percussif acheminé à son entrée latérale. Pour parfaire le tout, une égalisation agressive donnera à cette texture la « couleur » voulue.

* Lors de la prise de son d'une cabine Leslie ou de tout autre appareil équipé d'un électrique à bobinage, évitez les
micros dynamiques. L'induction générée risque d'engendrer un « buz » dont vous pourriez longtemps chercher la cause !

* Prenez deux délais, branchez-les chacun sur un départ auxiliaire et faites-les revenir sur deux tranches. En les réglant sur des durées différentes - croches, noires, croches pointées - puis en envoyant la sortie du premier dans l'auxiliaire du second, et vice versa (certains délais disposent de cette possibilité en interne), vous goûterez aux joies du ping-pong !

* L'aviez-vous remarqué ? La première répétition d'un écho numérique est plus longue que les suivantes. Motif : le délai, toutefois très court, induit par la conversion analogique/numérique. Astuce pour y remédier : ne pas utiliser d'écho !

* Vous aimeriez mieux contrôler la phase de vos mixages ? Voici un moyen bon marché de copier le phasemètre de la SSL G+ : piquez l’oscilloscope double trace de papa, pour relier à ses entrées x et y les sorties gauche et droite de la console. En position Lissajou (x y), un signal mono apparaîtra comme une diagonale ascendante. L'épaisseur de la figure vous renseignera sur l'amplitude des relations de phases…

* Donnez du réalisme à vos sampling de caisse claire (baguettes ou balais), en envoyant le son dans un petit haut-parleur posé sur une vraie caisse claire, puis en captant la vibration du <« timbre » avec un ou des micros, selon l'inspiration, pour la re-mélanger avec la source.

* Compresser avant ou après égalisation ? Mieux vaut généralement égaliser avant. Si 1'on branche un compresseur en insertion sur sa console, on vérifiera, en consultant le synoptique, que cette insertion est « pre-EQ ».

* Tout noise-gate muni d'une entrée latérale est un mute automatisable qui s'ignore. Insérez le gate sur la voie de console à « muter », en raccordant à cette entrée latérale la sortie d'un générateur de son. Vous programmerez ainsi l'ouverture ou la fermeture de la « porte » grâce à des notes tenues enregistrées sur séquenceur.

* Les « repissages » de casque dans le micro, en particulier sur des pistes de choeurs, peuvent dégrader notablement le son d'un morceau. On résoudra le problème en sous-groupant les pistes incriminées pour les recopier sur d'autres pistes, tout en ouvrant/fermant le fader de groupe durant l'opération afin de ne conserver que les interventions des choristes.

* Vos monitors sont-ils en phase ? C'est ce que vous découvrirez en récupérant les fils côté ampli pour y connecter
une pile 1,5 V. Si l’expérience se solde par une avancée visible du/des haut-parleur(s) (onde de pression), vous saurez que le fil « + » de l'enceinte est celui qu'alimente la borne « + » de la pile. Procédez de même avec l'autre monitor. Les voici tous deux en phase, et en phase absolue de surcroît !

* Tout ingénieur pratique le mélange signal électrique direct instrument/son repiqué par micro pointé sur le haut-par- leur de l'ampli. Avec des synthétiseurs, cette méthode donne d'intéressants résultats, leur conférant un côté « acoustique » et naturel.

*La contrebasse d'un trio de jazz ou le violoncelle d'un quatuor sont trop maigres ? Placez-les sur un socle creux, genre petite estrade, et les basses seront naturellement renforcées - bien plus musicalement qu'avec un égaliseur ! Rapprochez l'instrumentiste d'un mur réfléchissant, et les aigus seront renvoyés vers vos micros, ce qui là encore, évitera toute correction.

* Qui nuit et jour câblera, de petits trous au diamètre de prises cinch, jack, XLR, DIN… dans une planchette de bois,
percera. Avec elle, plus besoin d'étau ou de se brûler les mains pour maintenir ces %$*&ç?)°! de prises pendant les délicates opérations de soudure.

* Aussi somptueuse soit-elle, votre vieille réverb à plaques EMT 140 n'en est pas moins mono. La faire revenir sur une tranche « panoramiquée » à gauche, pour l'envoyer parallèlement au travers un délai de courte durée - quelques petites millisecondes - dont on acheminera la sortie vers une autre tranche « panoramiquée » à droite, « stéréosisera » cet effet : vintage avec succès !

* Besoin d’enregistrer quelqu’un dans une pièce trop réverbérante à votre goût ? Entourez-le de couvertures tendues sur un quelconque support, à gauche, à droite, derrière et au-dessus de lui. 1) Il n'attrapera pas de chaud et froid. 2) Les résonances de la pièce seront coupées et vous récupérerez une prise mate. C'est le principe des cabines d'extérieur au cinéma.

* Se faire un tableau des correspondances entre notes et fréquences (on prendra les plus usitées, en s'appuyant sur l'inévitable découpage en tiers d'octaves) facilitera le dialogue entre musiciens et techniciens. Tel interprète vous affirme entendre dans son casque un Sol grave un peu haut ? Sans doute est-ce une harmonique du 50 Hz ! Tel pianiste trouve le Ré grave un peu proéminent ? Un creux à 160 Hz et tout rentrera dans l'ordre…

* Quand les panoramiques d’une console ne sont pas automatisés, leur manipulation en cours de mixage n’a rien d’évident. Pour contourner la difficulté, rien n'empêche soit de dédoubler une piste sur deux faders et de réaliser « à la main » les transitions gauche/droite, soit d'envoyer cette voie - coupée au préalable des généraux - sur deux faders de groupes, automatisés eux aussi.

* Sur les bobines 16 ou 35 mm de cinéma figurent très souvent, après les fréquences de calibration et sous forme d'annotations vocales, des informations sur le contenu de la bande. Pratique, lorsqu'on a égaré la boîte ou qu'elles se sont mélangées entre elles ! Cette habitude peut aussi servir à prendre des « notes audio » sur une piste du magnétophone - pour par exemple faciliter de périlleux mixages - à écouter bien sûr par le biais d'un circuit parallèle…

* Un flanger analogique de toute beauté sur des nappes ? Utilisé en tant qu'effet, un bon vieux magnétophone à bandes dont on aura rendu irrégulière la surface de l'axe du cabestan en collant ça et là des épaisseurs de scotch dans le but d'induire un pleurage, fera parfaitement 1'affaire. Testé et approuvé par Phil Collins.

* Le casque ne sert pas qu'aux musiciens… En garder un bien isolant sur la tête permet à l'ingénieur occupé à placer un micro d'entendre ce qu'il fait, de quantifier le changement apporté par un déplacement de quelques centimètres… tandis que s’exerce l’instrumentiste.

* Comment diantre « stéréoiser » un signal en lui appliquant une bonne dose de chorus, sans qu'une réduction mono ne trahisse l'abus de modulation (les déphasages supportent assez mal une sommation droite/gauche) ? Ajoutez au signal d'origine placé au centre un délai modulé « panoramiqué » à gauche (10/20 millisecondes), et le même signal, hors phase, à droite. Conséquence : un bien bel effet stéréo, réduit à néant en mono.

* Très utilisé en séance de pub : le potar de rien. Précédée de la formule magique « attendez, j'ai un super-truc », la manipulation de ce fader non connecté améliorera grandement la qualité du mixage ressentie par vos clients. « Un peu plus ? », « Oui, c'est mieux comme ça »… Quand on vous dit que la psychacoustique fait des miracles !

Dossier réalisé par Christian Braut en juin 1996 (Keyboards Home Studio n°45)

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