Kawai Q-80

Tests

Qualité sonore : 67% - 1 Votes
Ergonomie : 71% - 1 Votes
Rapport Qualité / Prix : 67% - 1 Votes

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Lequel des packages boite dédiée, ou micro-ordinateur plus logiciel, arrivera à assouvir ma boulimie séquentielle ? Ce mois-ci, c'est le premier des deux qui l'emporte pour cause de 32 grandes pistes dans un tout petit espace.

Le séquenceur compact n'a ni le même usage, ni les mêmes possibilités que le séquenceur soft. Certains diront qu'il manque de fonctionnalités avancées, et qu'il est par exemple impossible d'éditer graphiquement toutes les notes comprises entre C2 et D4 dont la vélocité est inférieure à 57, la longueur supérieure à la noire pointée, et qui tombent à moins d'une triple croche du quatrième temps de chaque mesure ! Evidemment, qui peut le plus peut le moins. Mais un bon achat reste avant tout subordonné à une évaluation objective de son propre cahier des charges. Bref, si vous cherchez un enregistreur MIDI simple d’emploi, sobre, portable, puissant, et qui ne vous obligera pas à ingurgiter d'une traite 200 pages de manuel, jetez donc un oeil au Q-80. Du prêt à enregistrer…

Le tableau de bord

Parmi les divers avantages du séquenceur hard, le simple fait que le système d'exploitation ne soit pas sur disquette, mais résidant en ROM, auquel s'ajoute sur le Q-80, une mémoire RAM non volatile (ce qui signifie en clair que le fruit de votre travail, données et réglages du séquenceur, est conservé à la mise hors-tension), fait qu'il ne s'écoulera que deux secondes entre l'allumage de l'appareil et l’émission des premières notes. Sur un plan pratique, l’affichage est de type LCD, sur 2 lignes de 16 caractères.

Le positionnement et l'édition des données s'effectuent par le biais de deux touches de curseurs, et d'un potentiomètre rotatif sans fin de type « alpha-dial ». En plus des fonctions de défilement (rec, stop, play, rew, fwd, reset, doublées des commandes delete, replace, insert, cancel, enter), quatre touches sélectionnent chacune alternativement par pressions successives quatre des trente-deux modes du Q-80, et huit autres (suivant un principe identique), font office soit de témoins de pistes, soit de valeurs de quantification.

Un nombre nécessaire et suffisant d'informations est directement inscrit sur la face supérieure du séquenceur, évitant ainsi un incessant recours au mode d'emploi. Excepté la sortie audio et optionnelle du métronome (noires, croches, doubles, en enregistrement ou enregistrement/lecture), la connectique est sans surprise et regroupe l'infernal trio MIDI (une seconde prise OUT pour désencombrement de réseau aurait été la bienvenue), les entrées/sorties de synchronisation à un magnétophone, et une pédale footswitch.

N'oubliez pas le drive intégré et l'alimentation externe. Seule ombre à ce tableau plutôt rationnel, l'impossibilité d'incrémenter/décrémenter une valeur d'une unité, autrement que par l'alpha dial et la non mémorisation du cheminement dans les modes, pourtant bien utile lors de manipulations redondantes.

Le travail à la chaine

Le Q-80 n'arrive pas les RAM vides puisque trois morceaux de démonstration (sur un maximum de 10 en mémoire) n'attendent qu'une pression sur play pour entrer en action. La bonne idée, c'est d'avoir incorporé une fonction de chaînage des songs, avec répétition de l'ensemble. Mais en ce qui nous concerne, attelons-nous d'abord à l'enregistrement de quelques notes.

La philosophie Kawai mérite diverses explications. Pour qu'un enregistrement soit effectif, il est impératif de régler l'instrument émetteur sur le même numéro de canal que celui de la piste choisie, faute de quoi il s'avérera inopérant. Un astucieux monitor permet de contrôler à tout moment les canaux en entrée et sortie du séquenceur. Par contre, et à condition qu'elles soient sur des canaux différents, l'enregistrement simultané de plusieurs pistes est autorisé. Un moyen détourné de simuler la fonction de démixage par canal! Pour éviter bien des erreurs, on prendra soin de régler la position MIDI THRU sur record, afin qu’elle ne répercute que les canaux des pistes sélectionnées en enregistrement.

Le punch IN/OUT, dont le décompte en lecture est réglable, et les adresses à spécifier directement par frontières de mesures ou d'une pédale au pied, est doué d'un mode d'entraînement identique au « rehearsal » des magnétophones à bande. Signalons l'affectation des changements de tempo à l'une des pistes (même si elle contient déjà des données), et ceci à des endroits aussi précis que le permet la résolution.

Enfin, chaque piste peut prétendre à un type de mesure différent pour les allumés de « time signature », boucler sur sa longueur, et s’enregistrer en pas à pas (saisie des données de notes et accords en interne ou en MIDI, effet de staccato par rapport aux longueurs choisies...).

Un bon motif pour l'édition

Comme la répétition est à la clé de la réussite de tout produit vendeur, peut-être y a-t-il un moyen d'économiser de la mémoire, quand nos oreilles mangent toujours la même chose. Et bien oui ! 100 motifs par morceau fonctionnent exactement sur le principe des fameuses patterns de boîtes à rythmes, pour être ensuite appelés des pistes.

La seule différence, c'est que l'overdubbing est ici autorisé (mais pourquoi diantre faire jouer un décompte de deux mesures à chaque boucle en enregistrement cyclique). Les motifs se copient de song à song, et de plus, à l’intérieur du même, une ou plusieurs mesures peuvent s'insérer en se copiant de pistes à pistes, de motifs à motifs, de pistes à motifs et inversement. Bien entendu, même si le motif est utilisé 20 fois dans un même morceau, il ne prend qu'une fois sa place en mémoire. Par contre, en édition sur l'une de ses copies virtuelles, cette dernière sera éventuellement dupliquée physiquement pour ne pas affecter les 19 autres (procédure d'ouverture de motif).

Ajoutons les fonctions d'édition structurelle d'effacement, copie, mixage, déplacement (offset temporel), splitage, transposition intelligente (sur une note sélectionnée), décalage en vélocité et durée, extraction d'un type d’événement MIDI pour copie de piste à piste, etc. Sans oublier la quantification avec restriction à une zone de proximité (réglable différemment à gauche ou à droite des temps), et l'édition et saisie individuelle de presque tous les types d'événement MIDI (dont modes et exclusifs). En résumé, des outils d'édition excessivement performante pour un séquenceur hard.

Un amour exclusif

La densité maximum d'enregistrement de codes MIDI « system exclusive » sur une piste normale est de 10 K par mesure. Mais dix fichiers contenant chacun 16 pistes spécifiques de 999 blocs, sont réservés à cet effet. Attention, en voulant outrepasser le maximum de stockage (64 K), j'ai joyeusement planté le système. La synchronisation MIDI a l'énorme avantage de comprendre les excellents messages « song numbers », « spp » (song pointer position), et le « sync to tape » est implémenté.

Les filtres en entrées peuvent repousser la vélocité (tout à 64), l'aftertouch par canal (le polyphonique, gourmand et peu usité n'est jamais enregistré), le pitch-bend, les control changes (sauf un au choix), et nos amis exclusifs. Et devinez qui économisera de la place ? Le running status. Mais plus fort encore, n'importe quel numéro de contrôleur MIDI pourra correspondre à l'un des quatre des types de données à rentrer en pas à pas : liaison (contrôleur 64 à 121), silence (idem), vélocité (0 à 64) et durée de staccato (idem). C'est tout de même mieux ainsi !

Que dire de plus ? Les nomades du MIDI et les autres, alors que les séquenceurs de la dernière génération déferlent sur les écrans de tout bon micro, trouveront dans le Q-80 un excellent moyen de faire voyager leurs octets préférés à moindre frais : 950 € (prix public TTC généralement constaté au 1/1/90). Simple d'emploi, riche d'incontestables possibilités d'édition, le Q-80 a de quoi en faire danser plus d'un sur la piste des séquences...

FICHE TECHNIQUE
Nombre de pistes : 32 de 999 mesures
Nombre de motifs : 1 00 de 99 mesures
Polyphonie globale : 32 voies
Nombre de morceaux : 10 avec chaînage
Evénements : 26 000 maximum de 15 000 par morceau
Dump sysex : 64 K dédiés
Enregistrement : temps réel/pas à pas
Tempo : de 40 à 250
Mesure : de 1/4 à 64/16
Résolution : 96
Mémoire non volatile : oui
Disquette : 3,5 pouces, double face/ double densité
Capacité : 112 morceaux/ 150 000 événements
Synchronisation : MIDI/Tape

 Test réalisé par Christian Braut en février 1990 (Keyboards Magazine n°30)

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