Alesis 1622

Tests

Qualité sonore : 68% - 1 Votes
Ergonomie : 69% - 1 Votes
Rapport Qualité / Prix : 79% - 1 Votes

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Six sorties par ici, huit par là, trois ou quatre effets : pas de chance, votre table de mixage affiche complet depuis longtemps. Gaz ? Chaise électrique ? Ou Alesis 1622 ? Et comme dirait un de mes amis antiquaires, c'est une console 16 qui ne vous fera pas débourser trop de Louis...

Le cahier des charges d'une console de mixage orientée vers les instruments MIDI n'à rien à voir avec celui d'une console traditionnelle. On exigera plus d'entrées et de départs d'effets pour faire face à la croissance des générateurs de sons multitimbraux. Parallèlement, on sera plus indulgent vis à vis des sections d'équalisation, et de routing vers un magnétophone multipiste (souvent sous employé). L'Alesis 1622 a su réaliser un heureux compromis entre la gourmandise en pistes d'un home-studio et un tarif tout à fait allégé (1 450 € TTC). Comment ? Grâce à un tout nouveau procédé dénommé "Monolithic Surface Technology".

Synoptique

Si vous êtes doués pour le calcul mental, vous constaterez comme moi que 1622 = 16 + 2 + 2 : 16 entrées, deux sous-groupes (sub-masters), et une sortie stéréo. Si toutes les entrées sont de type jack micro/ligne avec réglage de gain au départ de chaque tranche (- 10 / + 30 dB), les huit premières ne sont pas sectaires : elles sont équipées en prime de prises XLR symétrisées. Toutefois, la prise jack est prioritaire, et inhibera automatiquement le signal XLR lorsqu'elle sera branchée.

Toujours pour les huit premières entrées, huit sorties directes (après amplification et équalisation) vous permettront par exemple de router un instrument solo vers un multipiste, sans passer par toute l'électronique de la console. Les niveaux de sortie sont commutables entre - 4 et + 10 dBV, ce qui rend l'Alesis compatible avec des périphériques professionnels et semi-professionnels. Une fonction que l'on aimerait rencontrer plus souvent.

Les pistes et le monitor

Seize prises d'insertion sont prévues pour raccorder directement un effet sur chaque tranche (noise-gate, equaliseur, etc). Et ce qui est appréciable, c'est de retrouver ces prises d'insertion au niveau des sorties master et sub-master (très pratique pour les furieux du compresseur et autres enhancers en fin de mix). A ce propos, les sorties monitoring commutent entre l'écoute du bus master et celle de votre magnétophone stéréo favori raccordé sur le panneau arrière aux entrées prévues à cet effet. Le volume du monitoring se règle à l'aide d'un potentiomètre rotatif, et la touche 'monitor defeat switch' coupe la sortie audio correspondante sans affecter la prise casque (dont le niveau est suffisamment élevé pour en contrôler plusieurs).
alesis 1622 rearQui va ou ?

Après passage par les sections d'équalisation et d'effets dont nous reparlerons sous peu, les signaux en provenance des 16 tranches atteignent les incontournables mutes et solos. Mute pour couper une piste, et solo pour n'entendre que celles qui sont enclenchées (en mono et indépendamment du fader de piste), tout en neutralisant bien évidemment les retours d'effets. La fonction solo n'est du reste opérante que sur les sorties monitors. Elle ne mute pas les autres pistes sur les sorties bus, et son activation est signalée de manière globale par une led verte.

En association avec le panoramique, deux switches assignent respectivement chaque voie aux bus stéréo sub-masters et masters, tous deux contrôlables par des faders gauche et droite. En plus de ses sorties sur le panneau arrière, le bus sub-master pourra être dirigé vers le bus master, avec un réglage de panoramique pour chacune de ces deux voies. Les utilisations du bus sub-master sont multiples : sous-groupage d'un ensemble de pistes (ajustement global de volume), envoi d'un mixage différent à un second magnétophone stéréo (instrumental, etc), alimentation d'un multipistes en enregistrement ...

Retour à l'envoyeur

Nous en arrivons à l'un des points forts de la 1622 : les départs et retours d'effets, au nombre de 6. Les deux premiers sont pre-faders, ce qui signifie en clair que le départ d'effet récupère le signal entre la section d'équalisation et le fader de piste. Son dosage étant par conséquent indépendant de la balance, il sera tout à fait approprié à l'envoi d'un mixage différent vers un casque connecté à l'une de ces deux sorties (cue mix). En effet, lors d'une séance d'enregistrement, il se peut qu'un musicien désire écouter certaines pistes du play-back à des niveaux différents de ceux réglés sur la console.

L'ère du monolithique 
 Comme son nom l'indique, la technologie de la 1622 développée par Alesis intègre en un seul bloc multi-couches en verre epoxy tous les circuits de la console. Les potentiomètres rotatifs et les faders sont solidaires de ce bloc, et leur assemblage s'en trouve par conséquent nettement simplifié (plus de soudures, de fixations métalliques, etc). En plus d'une importante réduction de coût (et de poids), l'élimination de ces multiples soudures et autres connexions réduit d'autant la dégradation du signal. Et même si au premier abord, le packaging plastique + fibres de carbone ainsi que le contact direct avec la console ont de quoi surprendre l'utilisateur, ce procédé révolutionnaire est en grande partie responsable des excellentes performances audio de la 1622.

Par opposition, les quatre autres départs sont post-faders, et donc dépendants du volume de chaque tranche. Chacun de ces six effets possède un réglage de volume global à l'envoi et au retour. Les quatre premiers retours sont mono et panoramiquables. Alesis en a prévu deux de plus à l'attention des retour d'effets stéréo (les 5 et 7 étant affectés à gauche, et les 6 et 8 à droite). En gros, exception faite du problème des casques, vous aurez le choix entre la connexion de quatre effets stéréo (vous perdez deux envois que vous récupérez pour alimenter les casques), ou de quatre mono et de deux stéréo. Sans parler des effets stéréo en entrée sur lesquels je vous laisse le soin d'épiloguer.

J'allais presque en oublier les deux équaliseurs graphiques (shelving), à +/- 12 dB, dont les fréquences de coupure sont respectivement à 10 KHz (aigu), et 100 Hz (grave). Un étage de correction un peu sobre à mon goût pour les instruments acoustiques, mais amplement suffisant pour le traitement de générateurs MIDI dont le timbre est généralement satisfaisant 'droit' (et s'affine par un habile dosage du filtre, d'un processeurs d'effets intégré, etc).

Malgré ses nombreuses fonctionnalités, l'Alesis 1622 est une console simple à utiliser. L'abondance de départs et retours d'effets ainsi que les multiples connexions du panneau arrière en font un outil de travail extrêmement flexible, et particulièrement adapté au Home-Studio. Le mode d'emploi est fort bien conçu, et en dehors des spécifications techniques détaillées et illustrées par des schémas, il rassemble des exemples de configurations types, un glossaire, et toutes les notions de base nécessaires pour mener à bien un mixage. Autant de qualités qui font vite oublier son apparence un peu cheap, conséquence inévitable du fameux 'Monolithic Surface Technology'. Un sujet de polémique pour les esthètes, une console qui sonne pour les autres. Rien que pour vos oreilles !

 Test réalisé par Christian Braut en juin 1990 (Keyboards Magazine n°34)

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