Yamaha 01V

Tests

Qualité sonore : 78% - 1 Votes
Ergonomie : 73% - 1 Votes
Rapport Qualité / Prix : 51% - 1 Votes

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En Juin 1994, à l’APRS de Londres, Yamaha faisait un tabac en dévoilant la ProMix 01. A peine quatre ans plus tard, le japonais lance la 01V. Mais méfiez-vous : l’habit ne fait pas le moine. Sous des apparences et une dénomination qui pourrait laisser croire à une simple mise à niveau, nous avons découvert un modèle dont certaines caractéristiques - mais pas le prix ! -, héritent en droite ligne de ses aînées les 02R et 03D...

Alors qu’explose le marché des consoles numériques pour home et project studios, que la lutte s’annonce acharnée entre Mackie, Spirit, Panasonic et autre concurrents, Yamaha peut aborder l’avenir avec une certaine sérénité. Cette sérénité, elle le doit à son côté pionnier, à l’expérience accumulée en concevant avec dix d’avance les premières consoles numériques démocratiques. Rappelez-vous : c’était en 1988, elle s’appelait la DMP7. Sur son sillage se sont engouffrées les DMP7D, DMP11, DMP9-8 et 16, balisant le terrain pour ce best-seller qui n’allait pas tarder à débouler avec perte et fracas, la ProMix 01.

Bien sûr - telle est la rançon de l’innovation dont a mainte fois fait preuve la firme du Soleil Levant -, tous les produits n’étaient pas en parfaite adéquation avec le marché, n’étaient pas à proprement parler “market driven” comme on dit outre-Manche. On se souviendra notamment des trente mille francs que coûtait la DMP9-16...

Quoiqu’il en soit, le japonais tire aujourd’hui plus que jamais les fruits de ces années de recherches et de développement, de cette obstination qui lui a donné les moyens de mettre en place une stratégie fort efficace en matière de consoles numériques. Ou comment décliner une technologie gagnante en un certain nombre de produits précisément ciblés, pour cerner l’ennemi de toutes parts, l’attaquer sur tous les fronts. A en juger par sa politique, on peut effectivement supposer que la firme s’est décidée à évaluer les quelques profils types de home et project studistes, pour répondre précisément à leur différentes attentes...

Ainsi, alors qu’une 01 s’adressait au musicien orienté “machines”, la 02R est arrivée à point nommé pour satisfaire aux exigences de cette nouvelle race d’ingénieurs / réalisateurs / programmeurs à investir dans leurs propres outils - ceux-là même qui allaient donner naissance au concept de project studios. Dans la foulée, sa petite soeur la 03D a poursuivi dans cette voie royale avec en prime la volonté de s’imposer sur le marché du Surround, là où la DSP Factory s’apprête à conquérir les adeptes du tout en un, du studio intégré dans l’ordinateur. Belle saga !

Toutefois, pour répondre aux modèles présents et à venir qui convoitent le créneau des “petites” consoles numériques, il manquait à Yamaha un nouveau produit reprenant les acquis de la ProMix 01 pour la doter des dernières avancées technologiques de la marque, mais surtout pour l’équiper de bus et de possibilités d’extension, le tout pour un prix résolument concurrentiel. C’est chose faite avec la 01V qui ne revient qu’à 2 132 € TTC. Joli coup docteur, puisque cet aguichant tarif est inférieur à celui auquel son ancêtre fut lancé (1 439 € TTC et des brouettes) !

Même si le constructeur n’a pas officiellement annoncé l’arrêt de la ProMix 01, gageons qu’une fois le stock épuisé, celle-ci disparaisse du catalogue sans autre forme de protocole. Comme toujours quand un produit chasse son prédécesseur, certains succomberont aux charmes du nouveau venu -on peut s’attendre à ce qu’ils soient nombreux -, là où d’autres se jetteront sur une excellente opportunité : celle de s’équiper à moindres frais sur un marché de l’occasion qui s’annonce prometteur (entre deux et trois mille ProMix se sont écoulées dans l’hexagone, dont environ mille la première année). Quant aux récents acquéreurs du “vieux” modèle - dix mille de nos nouveauc francs chez les bradeurs - on entend déjà les pleurs et les grincements de dents. Telle est la dure loi du progrès...

Ceci étant dit, nous avons eu l’extrême privilège de découvrir en avant première une bêta très avancée de la 01V dans les locaux de Yamaha Musique France. Sans plus tarder, nous vous invitons à examiner son architecture, avec par ordre d’apparition : les entrées, les bus, les sorties et les ressources.

Entrées

La 01V offre seize canaux d’entrée : douze voies mono micro/ligne (double connectique XLR/jack, potentiomètre de gain cranté, de - 16 à - 60 dB, pad d’atténuation - 26 dB) et deux voies stéréo ligne (paire de jacks symétriques, potentiomètre de gain cranté, de + 10 à - 20 dB). Les douze voies mono ont droit à une alimentation fantôme qui s’active/se désactive par groupe de six (1 - 6, 7 - 12). On regrettera l’absence d’insertions, au nombre de huit sur la 02R et de deux sur la 03D. Yamaha partirait-il du principe que les ressources DSP de la console - égaliseurs, traitements dynamiques et multi-effets - rendent l’usage de périphériques externes accessoire ? Ce serait aller un peu vite en besogne, considérer ces bons vieux racks à transistors ou à lampes comme quantité négligeable.

Enfin, on découvre un retour machine analogique en cinch à - 10 dB (2 TR In), ainsi qu’un connecteur S/PDIF, lui aussi en cinch. Ce dernier, pour mémoire, n’était pas au menu de la 01...

Bus et assignations

Les bus sont au nombre de onze : un stéréo (baptisé ST, il alimente bien sûr la sortie générale) et dix mono, dont deux à destination des multi-effets internes (Eff 1 et 2). Si nos calculs sont bons, il en reste donc huit, respectivement nommés Bus 1 à 4 et Aux 1 à 4. Anticipons un court instant sur les prochains paragraphes pour signaler d’une part que l’on pourra assigner à chacune des quatre sorties physiques prévues à cet effet - Omni, de leur petit nom - l’un de ces huit bus, et de l’autre, si les dénominations Bus 1 à 4/Aux 1 à 4 donnent à penser que les quatre premiers se destinent à un multipiste et les quatre derniers à des processeurs externes, que rien n’interdit de les exploiter à sa guise (les diriger tous les huit vers un magnétophone, vers des effets, s’en servir pour mixer en Surround...).

Côté assignations, les quatorze voies de la console - douze mono et deux stéréo, enfonçons le clou -, mais aussi les deux retours stéréo des multi-effets internes que nous venons d’évoquer, peuvent se diriger vers le bus ST et les Bus 1 à 4 (au moyen du panoramique et de trois sélecteurs), et/ou vers les bus Aux 1 à 4 et Eff 1 et 2 (au moyen des six départs). Pour éliminer toute menace de larsen, précisons qu’on ne peut assigner le retour d’un des deux multi-effets à son entrée.

Et l’entrée S/PDIF dans tout ça ? Où va-t-elle ? De deux choses l’une : soit elle se dirige comme un seul homme vers le bus ST, soit elle échange avec l’entrée 15/16 (cette dernière prend sa place et vice-versa).

Sorties

Quatre d’entre elles, en jacks symétriques, sont donc dites Omni. Derrière cette appellation qui, de prime abord, plongera dans un abîme de perplexité l’utilisateur rodé aux architectures de consoles analogiques (voir encadré “Qui va là ?”), se cache un principe d’une rare souplesse. En effet, selon ses besoins, on décidera d’acheminer le canal gauche du bus ST, le Bus 1 ou le bus Aux 1 à la première sortie Omni, le canal droit du bus ST, le Bus 2 ou le bus Aux 2 à la deuxième... (nous vous laissons remplir les pontillés), à moins qu’on ne préfère diriger vers un ou plusieurs de ces quatre connecteurs les sorties directes des voies 1 à 16.

Les sorties Omni serviront bien sûr avant tout à enregistrer en multipiste - LA caractéristique qui manquait cruellement à la ProMix -, mais aussi à exploiter des effets externes (en l’absence de retours dédiés, c’est sur les voies, notamment stéréo, que l’on fera revenir leurs sorties), à effectuer des balances casques/retours de scène (d’autant plus, nous l’avons vu, qu’il est possible d’envoyer les retours des multi-effets internes aux bus Aux 1 à 4), ou encore à mixer en Surround et autres formats de diffusion multicanaux. Bref, à chaque application son routing !

Passons à la sortie générale, qui véhicule le bus ST. Dite Stereo Out, elle existe à la fois en analogique (XLR d’une part, cinch TR Out de l’autre) et en S/PDIF (cinch). Pour sa part, le circuit Monitor alimente la sortie du même nom en face arrière (jacks symétriques) et la sortie casque en face avant - chacune bénéficie de son réglage de volume. Ce circuit se nourrit des sources suivantes, qu’il accepte de cumuler : Bus 1 à 4, bus Aux 1 à 4, bus ST, entrée S/PDIF. Un switch permet également de basculer entre l’écoute du Monitor et celui du retour machine (2 TR In). Un autre switch - pratique pour procéder à des copies - substituera si besoin ce même retour machine aux entrées 15/16.

Extensions

Seulement quatre sorties pour héberger entre autres les Bus 1 à 4 et les bus Aux 1 à 4, alors qu’une 03D en possède une pour chacun : quel dommage s’exclameront certains... Heureusement, non content de s’arrêter en si bon chemin, le constructeur a doté la 01V d’un slot d’extension YDGAI (Yamaha General Digital Audio Interface). Si son format diffère de celui des 02R et 03D, ce slot est lui aussi prévu pour recevoir une carte huit entrées/sorties. Les huit entrées rajoutent autant de voies à la console (numérotées 17 à 24, nous verrons qu’elles sont un peu moins “fournies” que les seize autres), tandis que les huit sorties viennent prêter main forte aux quatre sorties Omni.
Le schéma d’assignation à ces huit sorties est du même acabit, ce qui débouche sur un total de douze sorties auxquelles on acheminera les signaux des bus ST, Bus 1 à 4, Aux 1 à 4, ou ceux des sorties directes des canaux 1 à 16.

Lorsque sortira la 01V, c’est-à-dire début mai, trois cartes seront d’ores et déjà commercialisées : au format ADAT (référence MY8-AT, connecteurs optiques, 1 490 F HT), TDIF (référence MY8-TD, connecteurs D-Sub 25, 1 390 F HT), et AES/EBU (référence MY8-DA, connecteurs D-Sub 25 également, 1 490 F HT). Deux cartes analogiques devraient leur emboîter le bas, l’une avec quatre sorties XLR, l’autre avec huit entrées analogiques.

Ressources

Construits autour des mêmes DSP que les ProR3 et REV500, dont ils reprennent certains algorithmes, les deux multi-effets internes sont riches d’une large panoplie de traitements : réverbérations, délais, modulations, transposition... En plus des 42 présélections fournies, 57 emplacements - soit un total de 99 mémoires - se feront un plaisir d’accueillir le fruit de vos programmations. La commutation pré/post de ces envois vers les effets internes, tout comme celle des départs vers les bus Aux 1 à 4, d’ailleurs, s’opère individuellement au niveau de chaque voie.

Paramétriques, les égaliseurs sont au nombre de 120, soit 26 x 4 bandes (voies 1 à 16, bus ST, bus Aux 1 à 4, retours effets internes) et 8 x 2 bandes (voies 17 à 24). Comme d’habitude, Yamaha les a dotés d’alléchantes spécifications : Q de 0,1 à 10, gain de +/- 18 dB, “couverture” de toute la bande passante (20 Hz - 20 kHz, par 1/12è d’octave), possibilité de configurer les deux correcteurs extrêmes en shelving ou peaking, de commuter l’aigu en mode LPF, le grave en mode HPF..., sans oublier la librairie de 80 mémoires (40 présélections, 40 emplacements utilisateur).

Alors que la ProMix 01 était équipée de “seulement” trois processeurs de dynamique – on pouvait les assigner de-ci de-là –, la 01V en totalise 22 (voies 1 à 16, bus ST, bus Aux 1 à 4). A vous les joies des noise gate, compresseur, limiteur, ducker (oui oui, avec signal “latéral” à choisir parmi l’une des entrées 1 à 16), expanseur et compander (expanseur jusqu'à un certain seuil, compresseur au-delà, limiteur à 0 dB). Ici aussi, on bénéficie d’une librairie de 2 x 40 mémoires.

Autres ressources appréciable : les délais, présents sur les entrées 1 à 16 (jusqu’à 250 ms), mais aussi sur les sorties ST et Omni 1 à 4 (jusqu’à 300 ms). Qu’il s’agisse de remédier aux problèmes de phase qu’induisent parfois les prises de son à plusieurs micros, de travailler en sonorisation multidiffusion, ou encore à faire de l’effet (on dispose, sur les entrées, d’un premier réglage pour la balance signal direct/signal traité, et d’un second pour la réinjection), ces délais sont les bienvenus. On les réglera au choix en millisecondes, en mètres - les sonorisateurs apprécieront - ou en échantillons.

Pour en finir avec ce panorama des ressources, on notera que les voies 17 à 24 dont les cartes d’extension dotent la 01V sont logées à moins bonne enseigne que les voies 1 à 16 : elles ne comportent ni gain, ni pad, ni inverseur de phase (nous n’avions pas encore mentionné son existence), ne disposent, nous l’avons dit, que de deux bandes d’égalisation et de quatre départs auxiliaires (Eff 1 et 2, Aux 1 et 2). C’est pourquoi Yamaha a eu la riche idée, à l’instar des consoles analogiques “in line”, d’autoriser un “flip” individuel ou global de ces tranches, c’est-à-dire une inversion des canaux 1 à 8 et 17 à 24.

L’aspect physique

Maintenant que nous savons ce qu’il y a dans la boîte, voyons ce à quoi elle ressemble extérieurement. D’une taille similaire à celle de la ProMix 01, la 01V se distingue de son ancêtre par une ergonomie légèrement différente. Au premier coup d’oeil, on est frappé par la disposition des connecteurs. En majorité, ils élisent domicile sur le dessus : entrées des tranches mono/stéréo, départ/retour bipiste et prise casque. Toujours par rapport à la ProMix, mais aussi à la 03D, le nombre de faders 60 mm motorisés passe de 19 à 15. Cette baisse des effectifs s’explique, primo par l’apparition de deux voies stéréo (et de deux faders en moins), secundo par la disparition de la tranche ST IN, tertio par celle de la tranche RTN/SEND. Nous verrons plus loin ce par quoi ces disparus ont été remplacés.

Toujours est-il que la place ainsi gagnée, en bas à droite de la console, est récupérée par la molette “data”, les touches enter, incrémentation, décrémentation et curseur (haut, bas, gauche, droit). Cela les rend plus accessibles et libère l’espace qu’elles occupaient à côté de l’écran - aviez-vous remarqué qu’il avait grandi ? -, espace qui n’est pas perdu pour tout le monde !

Ainsi, comme sur la 02R et contrairement à la 03D, un ensemble de commandes physiques permet d’accéder, pour la tranche sélectionnée, au panoramique (potentiomètre sans fin) ainsi qu’au correcteur (quatre sélecteurs de bandes, deux potentiomètres sans fin pour la fréquence et le gain, le ”Q” se réglant via la molette et les touches +/-). Si désiré - l’option est à valider au niveau des préférences -, on demandera à ce que la manipulation d’un des trois potentiomètres ou d’un des quatre switches fassent “sauter” l’écran à la page correspondante (panoramique ou égaliseur, donc). Petite subtilité : un appui sur les deux touches des bandes extrêmes, Hi et Low, réinitialise les valeurs de l’égaliseur !

La dernière différence de taille réside dans la présence, en plus des rangée de touches On (mute) et Select (pour sélectionner la tranche à des fins d’édition), d’une rangée de touches Solo susceptibles de se cumuler ou de s’exclure mutuellement. Une nouveauté dont on se délectera d’autant plus qu’elle est exclusive, dans la famille des consoles numériques Yamaha, à la 01V. Pour rappel, la ProMix, pour isoler une ou plusieurs voies, oblige à presser les touches des autres, tandis que les 02D et 03R sont pourvues d’un touche générale métamorphosant la rangée On en rangée Solo.

 Qui va là ?
 Avec les consoles numérique, il nous faut réviser certaines notions, retourner sur les bancs de l’école. Souvenez-vous : du temps des consoles analogiques, trois petits chiffres permettaient généralement de se faire une idée assez juste de leur architecture. Ainsi, une 32/8/2 signifiait qu’on avait affaire à une console 32 entrées (éventuellement 64 si celle-ci était dite “in-line”), et de 8 bus que l’on pouvait exploiter pour alimenter un multipiste (via leurs sorties) ou effectuer des prémixages (ces bus avaient effectivement la possibilité d’être assignés au bus stéréo - le 2 de 32/8/2 - auquel cas ils se voyaient baptisés sous-groupes). Savoir, en prime, combien de départs/retours auxiliaires équipaient la console, et si celle-ci possédait des sorties directes, complètait assez précisément le tableau. En numérique, il en va tout autrement. D’une part, divers formats se sont imposés (ADAT, TDIF, AES/EBU...), obligeant les constructeurs à concevoir un modèle de base pour proposer autant de cartes d’extension. De l’autre, la souplesse de “routing” est telle que les sorties sont devenues multi-usages. Dans le cas de la 01V, rappelons qu’elles sont au nombre de quatre, et de douze avec une carte d’extension. Or, on peut à la fois s’en servir de départs auxiliaires, de bus à destination d’un multipiste ou d’un système Surround, de sorties directes... Bref, chacun y trouvera son compte, aussi bien en home studio qu’en sonorisation, sous réserve d’avoir la tête bien claire quant aux buts poursuivis et aux moyens de les atteindre !

L’aspect logique

Polyvalents, les faders de la 01V servent non seulement à contrôler au choix le niveau des voies 1 à 16 ou 17 à 24 (les touches Select, Solo et On suivent le mouvement), mais aussi celui des départs auxiliaires, tant internes qu’externes. Quant au volume de retour des multi-effets intégrés, il se règle par le biais de deux potentiomètres rotatifs, qu’acompagnent, juste en-dessous, des touches Select, Solo et On (à propos de touches, la plupart de celles qui ornent la console accueillent en leur sein un bien pratique petit témoin lumineux). Il ne reste donc que les niveaux des Bus 1 à 4 et bus Aux 1 à 4 auxquels ne soit pas affecté de fader physique : c’est par l’intermédiaire d’une page écran, qu’on les réglera...

En admettant que les deux voies stéréo de la 01V ne vous suffisent point, la possibilité vous est offerte de grouper des voies mono, voire même les Bus 1 à 4 ou les bus Aux 1 à 4. Que ce soit sur les voies stéréo d’origine (13/14, 15/16) ou sur celles que l’on aurait “fabriquées”, une option du panoramique permet d’agir simultanément et inversement sur les canaux droite et gauche, afin d’élargir/resserrer l’espace. Bien vu ! N’oublions pas non plus les trois groupes de niveaux et de mutes - on y assignera les voies de son choix - que la console met à notre disposition.

Équipée d’un écran très largement dimensionné, sans parler de l’ergonomie avec laquelle les paramètres sont affichés (tous ceux d’une voie, le même pour différentes voies, les nombreuses représentations graphiques - courbes d’égalisation, de compression, etc.), la 01V se manipule avec aisance.

Désolé ne pas détailler les menus... par le menu, mais compte tenu de leur surabondance, nous y serions encore le mois prochain. Pour vous consoler, les quelques copies d’écran ci-contre vous donneront une idée de la chose. A l’usage, on découvrira tout plein de petites astuces, comme ces switches qui permettent, par pressions successives, de faire défiler les pages écran dans le sens “normal”, ou, en les maintenant enfoncés, dans le sens inverse (une fonction empruntée à la 02R).
Pour clore ce paragraphe, devisons VU-mètres. En plus des deux échelles “physiques” à 12 segments, qui reflètent le volume du bus ST, une foule d’écrans affichent les niveaux d’absolument tous les canaux d’entrées/sorties à différents endroits du “chemin” (avant ou après les égaliseurs et processeurs de dynamique...). Pour plus de précision, l’une des pages affiche même un magnifique bargraph horizontal - il part de - 72 dB.

En mémoire

Comme à l’accoutumé sur les consoles Yamaha, on pourra stocker/rappeler l’ensemble des paramètres “numériques” (à savoir tous sauf le gain d’entrée et l’atténuation). C’est dans les 99 mémoires de Scenes - elles se rappellent directement depuis la 01V ou par program change -, que viendront s’inscrire ces paramètres. Signalons au passage les bien pratiques fonctions de copie d’une tranche à l’autre, ou l’échange, soit de tous les paramètres, soit de certaines sections seulement (étage d’égalisation, délai, traitement de la dynamique, fader). Déplorons que Yamaha ne propose toujours pas d’undo, pour faire machine arrière suite à une fausse manoeuvre... Par sécurité, on pourra toujours stocker les réglages courants dans une mémoire de Scene, préalablement à toute manipulation jugée risquée...

Contrairement aux 02R et 03D, l’automation, n’est pas comprise. Cette absence ne pénalisera pas vraiment le “home studistes”, puisqu’il aura tout loisir d’enregistrer son mixage en MIDI, à l’aide d’un séquenceur. Souhaitons par ailleurs que les éditeurs impliqués dans le développement de logiciels pour consoles numériques Yamaha (Hohner Midia, C-Mexx, Zeep.com, APSoft...), se penchent sur le berceau de la 01V...

Qui peut le plus peut le moins : la console peut faire office de “surface de contrôle” pour piloter en MIDI par exemple... une DS2416 (la première carte à sortir dans la famille DSP Factory). C’est ainsi qu’on programmera les messages que généreront faders et mutes, le mode “local off” évitant que les paramètres internes ne soient affectés. En prime, on bénéficie d’un écran MMC avec commandes de transport et locators.

La présence d’une prise "to host" permettra non seulement de faire directement transiter le flux de données MIDI entre la 01V et un ordinateur, mais aussi et surtout, de relier deux consoles pour former un ensemble à 48 voies (2 x 16 analogiques, 2 x 8 analogiques ou numériques selon la carte insérée dans le slot YDGAI). Une telle liaison nécessitera en prime de connecter la sortie S/PDIF d’une des 01V à l’entrée de l’autre, assignée à son bus stéréo.

Mais au fait, quel est au juste l’intérêt du raccordement “to host” ? Le voici : faire en sorte que les deux consoles se comportent comme une seule, sur le plan des solo et d’un certain nombre de manipulations qui se synchroniseront automatiquement : stockage/rappel des Scenes, affectation des faders aux voies/départs effets et affichage des écrans. Ce mode, que Yamaha nomme 01V Link, est une sorte d’intermédiaire entre celui d’une ProMix 01 (on se bornait, pour les “chaîner”, à connecter en analogique la sortie stéréo de l’une à l’entrée ST IN de l’autre) et une 02R ou une 03D (carte optionnelle de mise en cascade numérique des généraux, bus, auxiliaires et solo).

Conclusion

La 01V apporte un bon nombre des caractéristiques qui frustraient l’utilisateur de la ProMix 01 à la lecture des spécifications des 02R et 03D : bus, slot pour carte d’extension, entrée numérique, six auxiliaires, processeurs de dynamique à la pelle... Si la dernière console Yamaha signe évidemment l’arrêt de mort de celle dont elle s’inspire - quatre ans d’existence pour un produit de ce type, c’est déjà énorme... -, on peut se demander dans quelle mesure elle n’irait pas jusqu’à porter ombrage à la 03D.

Bien sûr, cette dernière coûte mille cinq cents Euros de plus, bien sûr, elle amène l’automation interne, le mixage Surround, huit sorties bus analogiques d’origine (aux assignations fixes, néanmoins : Bus 1 à 4, Aux 1 à 4), ainsi qu’un certain nombre de bonus tels que son grand écran, son port souris, le pilotage vidéo en ESAM II, etc. Il n’empêche que ceux pour qui ces différences ne sont pas déterminantes se rabattront comme un seul homme, économie oblige, sur la 01V...

 Histoire d'O
Profitons de ce banc d’essai pour élucider l’une des grandes mystères de notre siècle : doit-on dire 01V (avec le chiffre zéro), ou O1V (avec la lettre O, comme dans hOme studiO) ? Ce sont a priori des zéro - et a postériori également -, même si leur forme allongée fait irrésistiblement penser à un O. Partant de là, mais aussi pour des raisons de diction, les anglo-saxons prononcent “eau-tou-ar” (O2R), “eau-tri-di” (O3D), “eau-ouane-vi” (O1V). Dans l’hexagone, il convient donc de bannir “eau-deu-air” ‘eau-troi-dé” et “eau-un-vé” de notre vocabulaire...

Plus
Ce qui manquait à la ProMix 01 (les bus, l’entrée numérique...), le concept, le prix, les possibilités, la qualité audio (au-dessus de tout soupçon), la facilité d'emploi, le système d'extension par cartes, la qualité des effets intégrés, l’accès physique aux réglages d’égalisation et de panoramique, la mise en cascade avec une autre 01V, la prise casque sur le dessus (à l’arrière sur les ProMix 01 et 03D), les touches d’incrémentation/décrémentation (nouveau sur les consoles Yamaha).

Moins
Pas d’insertions, d’undo, entrée/sortie numérique en S/PDIF seulement (une prise AES/EBU n’eut pas nui).

Test réalisé par Christian Braut en 1998 (Magazine Home Studio)

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